Association Culturelle
Après une trentaine de minutes nous arrivons dans la première salle : c’est grand, tagué dans tous les sens, aménagé aussi… On tombe nez à nez avec quelques bricolages douteux et étranges. « C’est glauque » dira Gab… Je ne suis pas du même avis, étrange mais pas vraiment dérangeant. Une grande peinture reprenant la vague d’Hokusaï nous fait face, nous discutons avec nos deux hôtes, je me laisse un peu imprégner par le lieu. Les catacombes ne m’avaient pour l’instant rien offert d’intéressant, de passionnant. Je fais peut être le mec blasé mais j’ai déjà mis les pieds dans des grottes et autres cavernes un peu partout dans le monde.
J’ai peut être trop lu, trop vu, ou trop entendu sur les catacombes, m’attendant à un truc magique.
Heureusement, un boyau et un goulet plus loin, nous débarquons dans une salle encore plus étrange que la précédente. Ma torche découpe minutieusement l’obscurité de la salle, laissant apparaître les ornements. Gab attire mon attention et le faisceau lumineux sur une magnifique peinture très asiatique, une estampe représentant une femme. Attiré par de légers reflets plus au fond, je révèle un mur complet de photophores, et finit par échouer sur une « tablée ». Une vraie salle à manger, une table faite de pierre, une grande table. Je dirais 7 mètres de long par 80 centimètres de large. Tout autour de la table des tabourets de pierre. Il reste quelques stigmates de repas festifs.
Je ne ressens pas dans cette pièce une ambiance gothique, glauque, noire, je ne verrai pas venir dans cette salle des adorateurs de Satan.
J’imagine bien des « routards » des catacombes, arrivés dans cette salle débouchant chacun d’un boyau différent, venant de quartiers différents ! Tous s’étant donné rendez vous pour une assemblée souterraine. Pas de plan de fin du monde, juste le plaisir de faire quelque chose de différent, juste le plaisir de vivre une petite aventure. Plus roots que maléfique. Chacun étant égaux dans cette obscurité, que je n’ai trouvée à aucun moment pesante.
Cette pièce m’inspire, me fait rêver un peu. Je commence à comprendre un peu le « délire des catacombes ». Bien loin des légendes urbaines…
Sur le retour nous croisons un petit groupe de personnes, 4 ou 5, ils marchaient vite, ils ressemblaient à un mix entre des spéléologues et des routards… Et se dirigeaient droit vers la fameuse pièce. L’allure prompte. Parce qu’ils étaient en retard pour le rendez vous souterrain ? L’envie me prend de faire demi tour et de suivre ce petit groupe.
Quelques dédales plus loin, Gab et moi marquons un temps d’arrêt lorsque nos catastrophiques guides tournaient à gauche, 500 mètres trop tôt… Nous les suivons avant qu’ils ne décident de faire demi-tour, inversant l’ordre du convoi. Etait-ce pour nous faire une blague ? Ou pensaient-ils sérieusement avoir été trop loin dans le couloir Jourdain ?
C’est d’un pas décidé que j’ai continué jusqu’à trouver la sortie par moi-même.
En sortant nous nous sommes retrouvés sous une légère pluie verglaçante, qui figeait nos pantalons encore trempés de la traversée souterraine. Tout Paris était bercé dans une belle brume, renforçant définitivement le coté magique de cette aventure ?
C’est en quittant nos partenaires, que j’ai compris que les catacombes m’avaient piqué, charmé, attiré pour un bon moment. J’ai envie d’y retourner pour en découvrir plus, en voir plus, et comprendre un peu plus cet étrange lieu mythique.
[Petit rappel: Il est interdit d'aller dans les carrières parisiennes, l'amende n'est certes pas énorme, mais elle peut tomber. Les carrières font plus de 200km ... Il y a un risque à les parcourir. N'y aller surtout pas sans un minimum de préparation et d'accompagnement]
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