Association Culturelle
Lorsqu’on propose aux membres d’esprits daventures d’aller pendant quelques heures dans les catacombes parisiennes, vous pensez bien qu’ils allaient accepter. Voici donc le récit de cette escapade nocturne.
Avant d’y aller, je google un peu le sujet, histoire de ne pas arriver la fleur au fusil, dommage pas de bon vieux guide du routard des catas et encore moins de Lonely Planet des meilleurs restaurants des catacombes. Je ne sais pas pourquoi, je pensais trouver plein d’informations, un plan, et bien d’autres choses ! Mais les cataphiles ne semblent pas encore trop à la pointe de la technologie (il y a quand même la Webcam des catacombes, Link ).
Image dans son contexte originale
C’est certainement dû aux « règles ». Les règles sont établies par les cataphiles, et énoncées dès les premiers instants de notre rencontre : ne rien jeter dans les catacombes et ne jamais en dévoiler l’entrée. Ce qui explique le peu de documents trouvables (Qui a trouvé la carte datant de 93 ?).
20h ! La sortie d’un métro au sud de Paris. Je rencontre mon fameux contact et notre guide de la soirée. En attendant le deuxième membre d’Esprits D’Aventures, je discute avec notre guide. Premier constat, nos deux hôtes du soir ne sont descendus qu’une dizaine de fois à eux deux. Le guide a oublié de prendre une lampe, je lui fournis une frontale.
Très charmant, il m’explique que pour bien comprendre l’esprit du cataphile, il faut se déplacer avec une bougie placée dans une canette éventrée pour faire un mini réflecteur. Je trouve que cette envie lui donne un air de Fred Pierrafeu.
J’ai droit au classique mise en garde « Ta première descente sera difficile, tu vas te cogner, tu vas avancer lentement, et le soir si tu fais des cauchemars c’est normal. »
De toutes les mises en garde de mon guide, la plus intéressante était celle portant sur les chaussures et le pantalon.
Les catacombes ne sont pas sales, au contraire, il n’y pas de déchets, pas de quoi nourrir des vermines, on est vraiment loin des égouts dégoûtants de Paris. Par contre, la terre est très argileuse, et les divers couloirs sont inondés partiellement voir totalement et donc impraticables. Pour l’anecdote, j’ai commencé le périple en essayant bêtement de garder les pieds hors de l’eau… J’ai vite abandonné l’idée.
Par endroit la hauteur sous plafond n’excède pas les 40 cm obligeant à ramper pour passer d’une galerie à l’autre ou pour pénétrer dans les salles. C’est clair, le costard est à proscrire, les bottes ou les bonnes vieilles docs sont plus que conseillées.
L’air y est très chaud et très humide ! Ça rappelle un peu l’air de la mousson. L’eau est assez tempérée, et ce n’est pas gênant de plonger dedans pour traverser les divers chenaux.

Les catacombes sont constituées en réseau, il est assez facile de s’y repérer à condition de ne pas s’écarter des grands axes. Les galeries sont certes régulières, mais il y a en permanence des éléments assez importants pour faire de bons repères. Les marquages sont archi présents, et c’est parfois un poil compliqué de les trouver parmi les milliers de tag.
La hauteur sous plafond est en permanente évolution. Personnellement, je fermais la marche, lampe quasi continuellement éteinte, je garde la tête bien droite, et j’observe mes trois partenaires, leurs silhouettes se découpant dans l’obscurité. Gab mesurant une bonne dizaine de centimètres de plus que moi, j’ai ainsi pu habilement éviter de me cogner. Lorsque le sol semblait moins praticable, je rallumais épisodiquement ma puissante lampe torche pour observer et passer.
Nous n’avions pas fait 50 mètres que notre Cataguide (plus catastrophe, que cataphile…) hésitait, nous faisant faire demi tour, se guidant avec une carte plus que douteuse. A aucun moment la peur n’est venue me déranger, pas d’angoisse non plus, ni de stress. Tout comme Gab, je restais de marbre devant la boulétittude du gars.
Toutefois, un sentiment proche de l’appréhension m’habitait depuis qu’on m’avait annoncé notre descente dans les tréfonds Parisiens. Etrangement plus le temps passait et plus ce sentiment disparaissait pour être remplacé par rien… La promenade ne provoquant aucun sentiment d’excitation.
Serais je en passe de devenir un bobo Blasé ?
[Petit rappel: Il est interdit d'aller dans les carrières parisiennes, l'amende n'est certes pas énorme, mais elle peut tomber. Les carrières font plus de 200km ... Il y a un risque à les parcourir. N'y aller surtout pas sans un minimum de préparation et d'accompagnement]
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